Battlefields 1848/67

2004-2007

2010

Les Champs du Risorgimento

L’impressionnante périgrination de Giorgio Barrera rappelle que le Risorgimento s’est accompli par les armes. Mais le voyage inspiré du photographe, des brumes de Lombardie aux vergers de Sicile, dit aussi que la terre d’Italie a su cicatriser. Les champs de guerre ont souvent laissé place à une campagne sereinement cultivée. Les labours et les blés attirent le regard, et ils l’emportent toujours sur les ruines et sur les monuments commémoratifs parfois discrétement présents. Il est vrai que de la fin du XVIIIe siécle jusqu’à l’achévement de l’Unité, la péninsule italienne semble transformée en un gigantesque champ de bataille. La situation n’est certes pas nouvelle pour une terre dont l’histoire ancestrale est ponctuéed’occupations militaires, de résistances et de libérations armées. Mais jamais, comme à l’époque du Risorgimento, la terre du combat n’avait eu une signification aussi importante dans les rèalités et la mystique de l’affranchissement comme de la reconstruction nationale. Témoins de cette empreinte, des noms de villages et de lieux-dits jusqu’alors inconnus ordonnent l’univers citadin des Italiens : dans le villes et les bourgs d’Italie, les noms de rue célébrent les victoires de l’Unité, Solferino, Magenta ou Marsala, mais n’oublient pas les “glorieuses défaites” de Curtatone et Montanara ou du Janicule, rappelant que depuis 1848 les guerres du Risorgimento sont aussi menées par le peuple des volontaires.

 

Nel momento in cui se ne misura e se ne sacralizza il perimetro, l’eroismo e il sacrificio diventano più solenni e più familiari a un tempo. Ebbene, il campo di battaglia è un elemento topografico, è paesaggio e luogo reale prima di essere un luogo della memoria.

Gilles Pecout

 

Champs de Batailles 1848/67. Silvana Editoriale, 2011.

Exhibition at the IIC of Paris, March 2011
Exhibition at Contact Festival, May 2011